ARCHETERIE

L’archet vient mettre en vibration les cordes en amplifiant l’intention et les mouvements du bras du musicien. Il est bien plus qu’un accessoire car ses propriétés sonores apportent beaucoup au timbre de l’instrument joué mais aussi à la qualité de jeu du musicien :

Ses qualités recherchées sont la précision et la vitesse de sa réponse, sa capacité à rebondir, à amplifier et à enrichir le timbre de l’instrument.

Le maintien de l’archet par la main droite est d’ailleurs un des points de techniques les plus subtils du jeu du musicien. C’est la bonne position de la main liée à la détente dans le poignet qui va permettre à l’archet de révéler tout le panel sonore d’un instrument et de fluidifier la ligne rythmique d’une musique, d’exprimer des changements d’intensité et d’émotions proposés par le compositeur sur la partition.

Pour qu’il soit confortable, il y a aussi une notion de poids et d’équilibre entre le début de l’archet où est située la hausse et la fin de l’archet que l’on appelle la pointe. Le bon dosage du cambre va définir la nervosité de l’archet, il peut être différent suivant les baguettes car l’archetier l’adapte aux propriétés du bois utilisé.

Aujourd’hui, il y a une question éthique qui est soulevée au sujet du pernambouc – ce bois brésilien de couleur orangée – utilisé pour la construction des archets et dont les propriétés vibratoires sont encore à ce jour inégalées par d’autres matériaux. Ce bois est maintenant protégé comme d’autres bois exotiques tels que l’ébène ou le palissandre, et l’on peut l’acheter uniquement de manière contrôlée.

Ce qui est une bonne chose malgré la complexité de la situation, et cela pose la question : Comment utiliser ces bois précieux de manière raisonnée tout en respectant la Nature? Je vous invite à cette réflexion lorsque vous achèterez un archet.

Ce qui m’amène au soin de que l’on peut apporter à un objet pour en respecter sa valeur – et cela au delà de sa valeur « financière » – en considérant la richesse et la beauté de sa provenance, en ayant en conscience ce qu’il a été avant d’être façonné : un arbre vivant.

Quel meilleur cadeau en retour, que d’apporter sa musique au monde qui nous entoure pour en dévoiler sa beauté?

Les services d’entretien en que je vous propose à l’atelier :

Remèchage

Dans un archet, la partie d’usure la plus fréquente est la mèche, faite de crins de cheval. C’est la structure du crin, avec ses petites dents, qui permet d’accrocher la corde, de l’emporter et de la mettre en vibration.

Dans la hausse et dans la tête de l’archet, il y a un mécanisme qui permet la bonne fixation de la mèche, et surtout de pouvoir la changer lorsqu’elle est usée.

Je peux vous proposer trois types de crins suivant l’accroche que vous recherchez avec votre archet : du blanc, du gris et du noir (principalement pour la contrebasse).

Poucette

C’est une petite couverture en cuir qui entoure la baguette près de la hausse. Elle fonctionne comme un repère pour l’index et le pouce afin de tenir l’archet. C’est pourquoi on l’appelle la « poucette ». Au fil des années, elle peut s’user et il est très facile de la remplacer.

Garniture

Correspond au filetage d’argent de l’archet qui se trouve en partie sous la poucette. Son rôle est d’équilibrer l’archet entre la hausse et la pointe, offrant une sensation de légèreté dans la main et une fluidité lors des « tirets » et « poussés ». Suivant les qualités d’archets, ce filetage peut être en différents matériaux, du maillechort pour les archets d’étude à l’or pour les plus prestigieux.

Plaque de tête

C’est la partie qui protège la tête de l’archet et qui permet au mécanisme de fixation du crin de ne pas céder lors de la tension de l’archet. Elle était autrefois en ivoire, mais est souvent faite en corne aujourd’hui.

Visse écrou

C’est le mécanisme de réglage de l’archet qui permet d’ajuster la tension des crins. Si vous dévissez le bouton de votre archet, vous pourrez soulever la hausse, et voir son écrou logé dans la baguette. Celui ci est adapté au filetage du bouton et lorsque vous l’actionnez, l’écrou se déplace sur la visse et ajuste la tension des crins.

Coulisse

La coulisse porte bien son nom, elle permet à la hausse de coulisser sur la baguette pour tendre les crins. Elle est faite en général d’argent, mais l’alliage peut varier suivant la qualité de l’archet.

Recouvrement

Le recouvrement est la porte pour accéder à l’intérieur de la hausse et au mécanisme de fixation du crin. Il sert de protection mais aussi de décoration car il est composé d’une fine lamelle d’ébène et de nacre. C’est une partie de l’archet qui supporte beaucoup de tension, et on peut la changer lorsqu’elle ne remplit plus son rôle.

Cambre

Le cambre est essentiel pour un archet, historiquement il a beaucoup évolué pour arriver à sa forme moderne.

C’est lui qui va donner à l’archet sa vivacité de réponse, sa sensation de confort de jeu… Il est bien sûr adapté au bois qui compose l’archet. C’est le réglage subtil de l’archet !

Pour finir, voici les principales étapes dans la construction d’un archet de violon :